L’œuvre de Paul Jolidon s’inscrit dans la nouvelle vague de récits de la Première Guerre mondiale apparue à partir de la fin des années 1920 et qui a, de nouveau, rencontré un large public. À sa parution, le livre a connu un succès national considérable, amplifié par l’obtention du *Prix du Roman du Temps* en 1934. Un quotidien national — le prédécesseur du journal *Le Monde* — a accordé une place importante à l’ouvrage en en publiant des extraits sous forme de feuilleton entre le 21 décembre 1933 et le 18 janvier 1934. D’autres journaux ont emboîté le pas et la notoriété du livre a dépassé les frontières de la France ; ainsi, la *Revue belge* en a présenté un chapitre à ses lecteurs dans son numéro du 1er avril 1934, et l’ouvrage a également été traduit en allemand et publié[4]. Contrairement à la plupart des « alsatiques » — ouvrages consacrés à l’Alsace —, sa diffusion a donc revêtu une dimension nationale plutôt que régionale[5].